Les chutes sont vraiment loin de tout en Argentine. A la frontière avec le Brésil et le Paraguay. Un autre point triple, après le Roraïma vénézuélien. Et toujours le Brésil; pas étonnant vu sa superficie: plus de la moitié de Amérique du sud, 17 fois la France. Le climat tropical rapelle davantage Rio que Buenos Aires: une bonne chaleur humide. Puerto Iguazú, la ville la plus proche côté argentin, vit uniquement du tourisme: hostales, terminal de bus et agences. On comprend pourquoi le lendemain quand on voit la quantité de touristes qu'accueille le parc; c'est Gringolandia ici, un vrai disneyland, mais nature. Et les chutes, majestueuses et colossales, portent bien leur nom. Iguazú vient du Guaraní: í (eau) et kuasu (grand), littéralement « les grandes eaux ». On se régale des différents points de vue, on se fait arroser sur le paseo inferior. Du haut de la garganta del Diablo, le grand vertige! Le vacarme, la hauteur, les volumes d'eau (1700m3 / sec) qui viennent s'écraser 80m plus bas en brumisant allégrement. Et des scènes tragiques: ces colonies de papillons, dont les beaux morphos brésiliens d'un bleu sombre(http://fr.wikipedia.org/wiki/Morpho), trop confiants après leur survol du Rio Iguazú Superior, ou poussés à bout par les hordes interminables de touristes dégainant leur reflex, se laissent happer par le vide des chutes, et malgré un ultime sursaut trop tardif dans le nuage de gouttelettes, qui les aveugle et les assomme, disparaissent brusquement dans le furieux tourbillon des chutes. Nous en restâmes tout émus.
©Manu
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