De Salta et sans avoir dormi, un bus m'emmène jusqu'à San Pedro de Atacama. A Purmamarca, où je me réveille juste, la bouche un peu pâteuse et le casque sur la tête, j'aperçois de la route le Cerro de los Siete Colores, resplendissant sous le ciel bleu. Ensuite, la route s'élève jusqu'au Paso de Jama, qui marque la frontière chilienne. Les paysages de la cordillère sont secs et magnifiques de couleurs ocres, jaunes, rouges; on oscille entre 4000 et 5000 d'altitude. Et puis brusquement, on tombe dans le désert, celui d'Atacama. San Pedro, en bordure du salar, est un joli pueblito planté un peu au milieu de nulle part, des maisons en adobe autour d'une place immaculée. A deux pas, le cône parfait du volcan Licancabur trône. Un beau site... pris d'assaut par les Santiaguinos pendant la semana santa. Et du coup, un plaisir un peu gâché pour découvrir les merveilles alentours:les mini bus se suivent un peu trop à mon goût sur la route du salar ou des magnifiques lagunas altiplanicas Miscanti y Miñiques. Et c'est carrément la foule dominicale, au petit matin, s'extasiant devant les volutes de fumée des geysers du Tatio, malgré le froid. Too much! J'enfourche un "beb"* et monte au dessus du Valle de la Luna, en fin de journée; je me paume un peu et rentre en pleine nuit noire, mais ce fut un petit bonheur de passer 3h seul sur ma selle. Et quelle vue! Flotter et bouquiner dans le lac salé, le lendemain, est une sensation plutôt drôle et redonne le sourire. Et le coucher du soleil sur le salar - un petit verre de pisco à la main -, le Licancabur embrasé dans le fond, l'instant carte postale du week-end.
*beb: terme toulousaing et finot désignant un vélo.
Affichage des articles dont le libellé est Chile. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Chile. Afficher tous les articles
jeudi 1 avril 2010
samedi 6 février 2010
Val Paraíso
Arriver au Chili, après l'Equateur et le nord du Pérou, c'est presque rentrer en Europe du sud. Santiago est une grande capitale, moderne et besogneuse. Et même si les Andes et ses sommets à plus de 6000m sont à deux pas d'ici - moins de 200km - l'impression est très méditerranéenne: la lumière, le bleu pur du ciel, les fruits aussi - mes premières pêches sud américaines, des melons délicieux, les pommes, les raisins. Et la population, gentiment mestiza; 90% des chiliens sont métisses, mais l’impression d'ensemble est plutôt uniforme, les types, les couleurs sont beaucoup moins variés que plus au nord. La visite de Santiago est rapide: Plaza de armas, Palacio de la Monedad - partiellement détruit en 1973 pendant le coup d'état militaire -, le barrio Brasil. La ville manque de charmes: trop plate, trop grande, tirée au cordeau. Apparemment, elle a tout laissé à Valparaíso, 150km plus au nord, ville portuaire fondée en 1542, et à l'activité maritime sur le déclin depuis le développement du gigantesque port de marchandise de Santiago, San Antonio. Et même si presque rien de demeure de la ville coloniale - la faute à un passé tragique: pirates, tremblements de terre, tempêtes -, le site, lui, n'a pas bougé: une immense baie dominée par ces innombrables collines qui lorgnent et veillent sur la ville basse. Les cerros - collines -, urbanisés au fur et à mesure, sans plans et selon l'humeur, sont un dédale de ruelles et de couleurs. El Cerro Concepción devient même très bobo, avec ses bars culturels et ses restos gourmets. La "noche" de Valparaíso, elle aussi semble s'être stoppée quelques décénies en arrière: musique traditionnelle au Cinzano, puis direction la Casa de la cueca - danse de foulard traditionnelle chilienne, cousine de la marinera péruvienne - pour un concert inédit et quelques pas hésitants. Depuis La Sebastiana, sa maison de la calle Alemania, Pablo Neruda, avait une vue imprenable sur toute la baie. Un lieu calme et apaisant, propice à l'évasion poétique et à l'ecriture de nombreaux vers, qui lui vaudront la prix Nobel de litterature en 1970. Avant de mourir, quelques jours seulement après le coup d'état de Pinochet, le 11 septembre 1973 et d'être enterré dans sa maison d'Isla Negra, celle qui aura vu naître cette amitié complice avec le fameux "Cartero", en quête d’inspiration.
Inscription à :
Articles (Atom)