Arriver au Chili, après l'Equateur et le nord du Pérou, c'est presque rentrer en Europe du sud. Santiago est une grande capitale, moderne et besogneuse. Et même si les Andes et ses sommets à plus de 6000m sont à deux pas d'ici - moins de 200km - l'impression est très méditerranéenne: la lumière, le bleu pur du ciel, les fruits aussi - mes premières pêches sud américaines, des melons délicieux, les pommes, les raisins. Et la population, gentiment mestiza; 90% des chiliens sont métisses, mais l’impression d'ensemble est plutôt uniforme, les types, les couleurs sont beaucoup moins variés que plus au nord. La visite de Santiago est rapide: Plaza de armas, Palacio de la Monedad - partiellement détruit en 1973 pendant le coup d'état militaire -, le barrio Brasil. La ville manque de charmes: trop plate, trop grande, tirée au cordeau. Apparemment, elle a tout laissé à Valparaíso, 150km plus au nord, ville portuaire fondée en 1542, et à l'activité maritime sur le déclin depuis le développement du gigantesque port de marchandise de Santiago, San Antonio. Et même si presque rien de demeure de la ville coloniale - la faute à un passé tragique: pirates, tremblements de terre, tempêtes -, le site, lui, n'a pas bougé: une immense baie dominée par ces innombrables collines qui lorgnent et veillent sur la ville basse. Les cerros - collines -, urbanisés au fur et à mesure, sans plans et selon l'humeur, sont un dédale de ruelles et de couleurs. El Cerro Concepción devient même très bobo, avec ses bars culturels et ses restos gourmets. La "noche" de Valparaíso, elle aussi semble s'être stoppée quelques décénies en arrière: musique traditionnelle au Cinzano, puis direction la Casa de la cueca - danse de foulard traditionnelle chilienne, cousine de la marinera péruvienne - pour un concert inédit et quelques pas hésitants. Depuis La Sebastiana, sa maison de la calle Alemania, Pablo Neruda, avait une vue imprenable sur toute la baie. Un lieu calme et apaisant, propice à l'évasion poétique et à l'ecriture de nombreaux vers, qui lui vaudront la prix Nobel de litterature en 1970. Avant de mourir, quelques jours seulement après le coup d'état de Pinochet, le 11 septembre 1973 et d'être enterré dans sa maison d'Isla Negra, celle qui aura vu naître cette amitié complice avec le fameux "Cartero", en quête d’inspiration.
samedi 6 février 2010
Val Paraíso
Arriver au Chili, après l'Equateur et le nord du Pérou, c'est presque rentrer en Europe du sud. Santiago est une grande capitale, moderne et besogneuse. Et même si les Andes et ses sommets à plus de 6000m sont à deux pas d'ici - moins de 200km - l'impression est très méditerranéenne: la lumière, le bleu pur du ciel, les fruits aussi - mes premières pêches sud américaines, des melons délicieux, les pommes, les raisins. Et la population, gentiment mestiza; 90% des chiliens sont métisses, mais l’impression d'ensemble est plutôt uniforme, les types, les couleurs sont beaucoup moins variés que plus au nord. La visite de Santiago est rapide: Plaza de armas, Palacio de la Monedad - partiellement détruit en 1973 pendant le coup d'état militaire -, le barrio Brasil. La ville manque de charmes: trop plate, trop grande, tirée au cordeau. Apparemment, elle a tout laissé à Valparaíso, 150km plus au nord, ville portuaire fondée en 1542, et à l'activité maritime sur le déclin depuis le développement du gigantesque port de marchandise de Santiago, San Antonio. Et même si presque rien de demeure de la ville coloniale - la faute à un passé tragique: pirates, tremblements de terre, tempêtes -, le site, lui, n'a pas bougé: une immense baie dominée par ces innombrables collines qui lorgnent et veillent sur la ville basse. Les cerros - collines -, urbanisés au fur et à mesure, sans plans et selon l'humeur, sont un dédale de ruelles et de couleurs. El Cerro Concepción devient même très bobo, avec ses bars culturels et ses restos gourmets. La "noche" de Valparaíso, elle aussi semble s'être stoppée quelques décénies en arrière: musique traditionnelle au Cinzano, puis direction la Casa de la cueca - danse de foulard traditionnelle chilienne, cousine de la marinera péruvienne - pour un concert inédit et quelques pas hésitants. Depuis La Sebastiana, sa maison de la calle Alemania, Pablo Neruda, avait une vue imprenable sur toute la baie. Un lieu calme et apaisant, propice à l'évasion poétique et à l'ecriture de nombreaux vers, qui lui vaudront la prix Nobel de litterature en 1970. Avant de mourir, quelques jours seulement après le coup d'état de Pinochet, le 11 septembre 1973 et d'être enterré dans sa maison d'Isla Negra, celle qui aura vu naître cette amitié complice avec le fameux "Cartero", en quête d’inspiration.
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