Après les Andes et l'Amazonie, on aspire à des contrées moins hostiles, plus accueillantes. Et ça tombe plutôt bien, le Nordeste brasileiro n'est plus très loin. Première étape, Belém; on ne sait pas trop à quoi s'attendre en y arrivant en avion depuis Manaus. Malgré la ville assoupie en ce jeudi férié, on se remplit la panse de recettes locales sur les docks réaménagés: tacaca, farofa, pirarucu, pato no tucupi; et on se promène, en sirotant des jus de fruits tropicaux inconnus, dans le mercado Ver-o-Peso*, ancien marché aux esclaves débarqués d'Afrique, mais aussi fascinant marché de fruits, épices, remèdes, légumes et animaux du front de mer. Après une nuit dans le bus, une de plus, Sao Luis. Fondée par des français en 1612, la France y garde bonne presse puisqu'elle n'usa pas de l'esclavage, avant de se faire déloger dès 1614 par les portugais, inquiets pour leur suprématie au Brésil. On se faufile entre les gouttes en arrivant le matin, mais les ruelles pavées défraîchies et colorées du centre, paradis des rastas - la plus grande communauté au Brésil -, charment tout de suite. Et c'est encore mieux lorsque le soir démarrent les "festas juninas de Sao Joao". Ça grouille de monde dans la rue et ça avale des caipirinhas dans une ambiance festive; concerts de samba, défilés, c'est presque carnaval. Et le lendemain, la gueule de bois quand on part aux aurores pour les Lençois Maranhenses, ce désert truffé de lacs, paysage superbe complètement surréaliste.
Et à partir de là, c'est Brasil Plage: Jericoacoara, havre de tranquillité perdu derrière les dunes, dans lequel on se cache pendant quelques jours. Palmiers, capoeira**, planche à voile, caipi - rinhas ou roskas -, couchers de soleil, galopades à cheval, forró - musique et danse syncopée du nordeste. Puis Praia da Pipa, juste au sud de Natal. Et l'ambiance y reste tout aussi détendue, malgré les débuts ridicules des Bleus dans la Copa do Mundo, qui font bien rire les brésiliens, encore vexés par 1998 et 2006.
* littéralement "Voir le Poids" du temps ou les portugais contrôlaient le poids des marchandises pour mieux les taxer
** art martial d'origine afro-brésilienne devenu petit à petit danse acrobatique effectuée en musique - clappement de mains et Berimbau -, pour masquer son caractère martial lors de la période esclavagiste.
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