Manaus, c'est une ancienne gloire du caoutchouc. La ville revêt encore sa splendeur passée du début du siècle par endroits: la copie parisienne du marché des halles, le port flottant qui encaisse sans sourciller les variations de niveau de l’Amazonas - jusqu’a 14m entre saison humide et sèche; et surtout le teatro Amazonas, magnifique opéra dont la construction aura nécessité d'acheminer par bateau des 4 coins du monde le bois, les ferrures, les colonnes, les toiles peintes. Et qui reste la fierté de la ville.
La foret amazonienne s'étend tout autour. On part vers le sud pour la visiter, sur le Rio Juma. Et on s'enfile dans cet enfer vert après avoir traversé le curieux "encontro das aguas", la rencontre des eaux claires du Rio Solimoes (le nom de l'Amazone au nord de Manaus) et des eaux noires du Rio Negro, qui vient du nord, qui ne se mélangent pas immédiatement et glissent l'une contre l'autre pendant quelques centaines de mètres**.
Autour du lodge, c'est le dépaysement; des bras de rivières un peu partout, quelques habitations sur pilotis, et la foret, inondée - iguapós - ou non. Le niveau de l'eau est encore très haut. Pendant 3 jours, on profite donc de la foret - finalement pas trop infernale -, et on la découvre avec notre guide Sammy, qui la connaît comme sa poche. Orpailleur en Guyane Anglaise, au Brésil, mule, il l'a traversée, s'y est caché, y a - tout - vécu, y a survécu. Il nous raconte les plantes, les remèdes, trouve de l'eau ou de la quinine dans les troncs d'arbre, nous fait manger des vers au goût de coco et des fruits délicieux, nous montre les lentilles naturelles d'un caïman - qui lui permettent de voir sous l'eau - et l'endort en lui caressant la peau du ventre. Bref, on apprend en s'amusant - tiens, ça sonne comme un slogan connu ça. On pêche du piranha, on se gave de poissons amazoniens, on guette les dauphins d'eau douce, on campe dans la jungle. Et on arrive finalement a voir quelques singes, qui se baladent en haut des branches. Pour le paresseux, on repassera par contre, et j'en suis bien navré! La foret, c'est une ambiance, c'est dense. Les animaux sont là, on les entend - les singes hurleurs te réveillent même la nuit. Mais ils sont fiers et ne sortent pas toujours le bout de leur nez pour prendre la pose.
* Proudest monkey
** En raison des différences de température, densité et vitesse (pour les geek de méca flu..)
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